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CNews mise en demeure pour manquement au pluralisme : la décision la plus commentée de l'année
Date clé : 15 juin 2026 (réaction de Maxime Saada le 24 juin)
C'est le dossier qui a le plus mobilisé la presse française sur la période, couvert par Libération, Le Monde, Le Figaro, Le HuffPost, CB News, France 24 et Le Club des Juristes. Le 15 juin, l'Arcom a mis en demeure CNews de se conformer à l'exigence d'expression pluraliste des courants de pensée et d'opinion, sur le fondement des articles 1er, 3-1 et 13 de la loi du 30 septembre 1986.
La procédure remonte à janvier 2026, lorsque Reporters sans frontières a saisi le régulateur. L'Arcom explique avoir visionné un échantillon de 168 heures de programmes d'information diffusés en mars 2025, représentant « plus de la moitié de l'audience de la chaîne » sur cette période. Sa conclusion, telle que formulée dans son communiqué officiel : « L'absence, le plus souvent, d'expression d'une pluralité de points de vue et la prédominance globale d'un même cadre d'interprétation [de l'actualité] », caractérisée notamment par une « focalisation sur la menace que représenteraient l'immigration et l'islam » combinée à une « critique systématique du parti La France insoumise ». Le régulateur invoque sa doctrine posée le 17 juillet 2024 : s'assurer que le pluralisme « n'est pas affecté par un déséquilibre manifeste et durable ».
Maxime Saada, président du directoire de Canal+, a répliqué le 24 juin dans une tribune au Figaro, reprise notamment par France 24 : « Ce n'est pas une décision de régulation. C'est une décision politique. Et elle ne poursuit qu'un seul objectif : faire taire, puis faire disparaître, une chaîne que des millions de Français choisissent librement chaque jour. » Il y défend que CNews respecte un « calcul strict du temps de parole », un critère mesurable que la décision elle-même reconnaît satisfait, mais que l'Arcom y ajoute une notion floue, le « déséquilibre manifeste et durable », sans seuil ni référentiel précis.
Du côté des associations de défense de la presse, Reporters sans frontières a salué, dans un communiqué du 21 juin, une décision « sans précédent » qu'elle présente comme l'aboutissement d'une bataille menée depuis 2021 pour le respect du pluralisme sur l'antenne de CNews, à travers plusieurs enquêtes documentant des déséquilibres éditoriaux — de la décision du Conseil d'État de février 2024 jusqu'à cette mise en demeure. RSF indique se réserver le droit de saisir à nouveau le régulateur si les manquements persistent. À l'opposé, des titres classés à droite comme Causeur dénoncent une « méthode du doigt mouillé » : « Faute de pouvoir ficher les intervenants, on évaluera les interventions grâce à la célèbre méthode du doigt mouillé », et estiment que « le pluralisme n'est pas une affaire de comptage mais d'état d'esprit ».
Ce dossier cristallise ainsi un débat de fond : peut-on quantifier objectivement un déséquilibre éditorial, et qui doit en juger ? La mise en demeure n'est qu'un avertissement — sans effet financier immédiat — mais elle expose CNews à une sanction en cas de récidive, ce qui s'est produit dès le 9 juillet (voir sujet 3).
Sources
- Arcom, communiqué officiel, 15 juin 2026 — https://www.arcom.fr/presse/pluralisme-des-courants-de-pensee-et-dopinion-mise-en-demeure-de-cnews
- Arcom, décision du 12 juin 2026 — https://www.arcom.fr/se-documenter/espace-juridique/decisions/decision-du-12-juin-2026-mettant-en-demeure-la-societe-dexploitation-dun-service-dinformation
- France 24, « CNews mise en demeure par l'Arcom : "Une décision politique", selon Saada », 24 juin 2026
- RSF, « Contrôle du pluralisme en France : une décision sans précédent de l'Arcom à l'encontre de CNews », 21 juin 2026 — https://rsf.org/en/monitoring-media-pluralism-france-arcom-s-unprecedented-decision-against-cnews
- Causeur, « CNews au piquet : l'Arcom invente la météo des opinions au doigt mouillé » — https://www.causeur.fr/cnews-au-piquet-larcom-invente-la-meteo-des-opinions-au-doigt-mouille-328922
- Le Club des Juristes, « Pourquoi, selon l'Arcom, CNews ne respecte pas le pluralisme des opinions » — https://www.leclubdesjuristes.com/societe/pourquoi-selon-larcom-cnews-ne-respecte-pas-le-pluralisme-des-opinions-16512/
- Libération, Le Monde, Le Figaro, CB News (couverture factuelle de la décision du 15 juin)
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Radio France mise en demeure pour sous-représentation du RN en journée : l'« erreur technique » qui embarrasse le service public
Date clé : 10-11 juin 2026
Une semaine avant la mise en demeure de CNews, c'est le service public qui s'est retrouvé dans le viseur du régulateur, sur un sujet symétrique en apparence mais politiquement inversé. L'Arcom a mis en demeure Radio France pour une sous-représentation du Rassemblement national sur France Inter et France Info entre le 1er janvier et le 31 mars 2026, période couverte par de nombreux titres (Ouest-France, France 24, Le Monde, Libération, franceinfo, Le JDD).
Les chiffres cités par l'Arcom, et repris par CNews dans sa couverture de l'affaire, sont précis : « Près de 60 % du temps de parole accordé aux représentants du RN sur France Inter a été diffusé entre minuit et 5h59 », et « plus de 70 % sur France Info » sur la même période. Autrement dit, le RN était certes comptabilisé dans le temps de parole global, mais massivement relégué aux heures de plus faible audience.
Radio France a plaidé la bonne foi plutôt que la stratégie éditoriale délibérée, évoquant une « erreur technique et non intentionnelle » liée au déploiement, en janvier 2026, d'un nouvel outil de suivi du temps de parole qui, dans un premier temps, « ne distinguait pas jour et nuit ». Le groupe public affirme que « l'erreur est corrigée ».
Cette défense n'a pas convaincu les responsables du RN. Marine Le Pen a jugé que « ce comportement n'est plus supportable ! », tandis que Jordan Bardella a été plus offensif encore, accusant le service public d'un choix éditorial délibéré : « Censé faire preuve de pluralisme politique et d'impartialité, le service public de l'audiovisuel a donc sciemment mis à l'écart le premier parti de France et ses millions d'électeurs. » L'opposition entre l'explication technique de Radio France et l'accusation d'intentionnalité politique du RN résume l'ensemble du dossier : s'agit-il d'un dysfonctionnement isolé ou d'un biais structurel du service public, comme le RN le dénonce de longue date ?
Ce dossier illustre un point souvent négligé dans le débat sur le pluralisme, focalisé sur CNews : l'Arcom sanctionne aussi le service public, et le critère horaire de diffusion (jour/nuit) — jusqu'ici jamais vraiment discuté — devient un nouvel indicateur central de la mesure du pluralisme, comme le confirmera la décision suivante.
Sources
- Arcom, décision du 10 juin 2026 — https://www.arcom.fr/se-documenter/espace-juridique/decisions/decision-du-10-juin-2026-mettant-en-demeure-la-societe-nationale-de-programme-radio-france
- CNews, « L'Arcom met en demeure Radio France pour "sous-représentation" du RN en journée », 11 juin 2026 — https://www.cnews.fr/france/2026-06-11/larcom-met-en-demeure-radio-france-pour-sous-representation-du-rn-en-journee
- franceinfo, « L'Arcom met en demeure Radio France (…) "une erreur technique et non intentionnelle", répond le groupe »
- Jean-Marc Morandini (site), reprise des citations Le Pen/Bardella
- Ouest-France, Le Monde, Libération, France 24, lejdd.fr (couverture factuelle)
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Troisième mise en demeure de l'année pour CNews : le dossier Rachida Dati
Date clé : 9 juillet 2026 (faits datant du 20 mars 2026)
Le sujet le plus récent de la période est aussi le plus lourd de conséquences pour CNews : selon Broadband TV News et plusieurs titres français (Le HuffPost, L'Humanité, Midi Libre), il s'agit de la troisième mise en demeure de l'année pour la chaîne du groupe Canal+, après un avertissement pour sa couverture du conflit à Gaza et la mise en demeure « pluralisme » du 15 juin (voir sujet 1).
Cette fois, l'Arcom vise un reportage grand format diffusé le 20 mars à 21h05, « Rachida Dati à la conquête de Paris », suivi d'un débat dans l'émission « 100% Politique Week-end » — le tout diffusé deux jours avant le second tour des élections municipales à Paris. Le régulateur estime que ces programmes ont « présenté un manque de mesure et d'honnêteté dans les commentaires et présentations de la campagne », avec des « points de vue largement convergents », des « appréciations positives, voire louangeuses » envers la candidate de la droite et du centre, et de « vives critiques » à l'égard des autres candidats.
CNews s'est défendue dans un communiqué en évacuant toute intention partisane : « Il ne s'agissait en aucun cas de favoriser un candidat, mais de proposer une couverture éditoriale différenciée de la campagne. » La chaîne assume donc une ligne éditoriale marquée sans reconnaître de manquement à l'honnêteté de l'information.
Ce troisième avertissement en un an change la nature du dossier CNews : une mise en demeure isolée peut se lire comme un désaccord ponctuel sur une émission ; leur accumulation transforme le débat en question de récidive et de sanction potentielle. C'est précisément l'ambiguïté que le président de l'Arcom a dû désamorcer publiquement deux jours plus tard (voir sujet 5) : promettre de ne pas fermer la chaîne, tout en assumant une politique de contrôle de plus en plus stricte à son égard.
Note méthodologique : je n'ai pas trouvé, malgré plusieurs recherches, de citation directe et attribuée d'un porte-parole du groupe Canal+ (Bolloré ou Saada) réagissant spécifiquement à cette troisième mise en demeure — seule la réponse officielle de CNews en tant que chaîne a été retrouvée. À vérifier si vous avez accès à une revue de presse plus large.
Sources
- Broadband TV News, « Arcom issues third formal notice to CNews this year », 9 juillet 2026 — https://www.broadbandtvnews.com/2026/07/09/arcom-issues-third-formal-notice-to-cnews-this-year/
- France 24 / 20 minutes / L'essentiel, « CNews mise en demeure par l'Arcom pour "manque d'honnêteté" » (dépêche AFP reprise), 9 juillet 2026
- La Télé crève l'écran, « CNews mise en demeure par l'Arcom pour « manque d'honnêteté » lors des municipales de Paris »
- Le HuffPost, L'Humanité, Midi Libre (couverture factuelle du 9 juillet)
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L'Arcom « éteint la combine nocturne » : la fin du temps de parole comptabilisé la nuit
Date clé : 30 juin 2026 (décision), application au 1er octobre 2026
Moins de trois semaines après avoir sanctionné Radio France pour avoir cantonné le RN aux heures nocturnes (sujet 2), l'Arcom a tiré la leçon structurelle de l'affaire : en session plénière le 30 juin, le collège du régulateur a décidé de « ne plus tenir compte des prises de parole des personnalités politiques diffusées la nuit », soit entre minuit et 5h59. La mesure entrera en vigueur le 1er octobre 2026.
L'Arcom justifie ce changement de méthode par un objectif de représentativité réelle de l'audience : la nouvelle règle se veut « plus lisible et proche de l'écoute effective des médias audiovisuels », rappelle Ojim, qui reprend les chiffres de l'affaire Radio France (près de 60 % du temps RN diffusé de nuit sur France Inter, plus de 70 % sur France Info) comme preuve du problème que la mesure entend corriger.
Le site, généralement critique envers l'Arcom sur d'autres dossiers, salue ici une décision de bon sens. Sous la plume d'Olivier Frèrejacques, Ojim la qualifie de « retour à l'esprit même de la règle » plutôt que d'un durcissement, estimant qu'elle corrige une « véritable anomalie en matière de pluralisme, dont les médias abusaient largement », concluant : « le pluralisme ne se fera donc plus à l'heure des insomniaques ».
Ce dossier, moins médiatisé que les mises en demeure de CNews ou Radio France, est pourtant significatif : il montre un régulateur qui ne se contente pas de sanctionner au cas par cas, mais modifie sa méthodologie de calcul pour de bon — un changement de règle du jeu qui concernera toutes les chaînes et radios, pas seulement celles déjà épinglées.
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Martin Ajdari assure ne pas vouloir fermer CNews… sans convaincre tout le monde
Date clé : 11 juillet 2026
Deux jours après la troisième mise en demeure de l'année contre CNews (sujet 3), le président de l'Arcom, Martin Ajdari, a tenu à clarifier ses intentions, dans des propos rapportés par Ojim : « Contrairement à ce que j'entends dire, on n'a pas l'intention de fermer CNews », a-t-il affirmé, ajoutant : « Nous n'avons aucune intention de fermer CNews : c'est à la chaîne de respecter les lois. »
Ajdari a pris soin de distinguer le cas de CNews de celui de C8, dont la fréquence TNT n'a pas été renouvelée en 2025 : selon lui, C8 n'a pas été « fermée » mais a vu « son autorisation d'émettre non renouvelée à son échéance, parce qu'il y avait de nombreux manquements » — une nuance juridique importante, mais qui n'a pas empêché le procédé d'être largement perçu et commenté comme une fermeture pure et simple à l'époque. Il a par ailleurs revendiqué la neutralité de l'institution : « L'Arcom applique la loi, sans parti pris. »
Cette déclaration se heurte pourtant à un contre-argument documenté : Ojim relève que, dans une étude publiée le 2 juillet 2026, il démontre que l'Arcom a sanctionné CNews sur le pluralisme tout en « fermant les yeux » sur des déséquilibres éditoriaux jugés similaires chez LCI et France Info concernant la couverture du conflit en Ukraine. L'article en conclut que le régulateur applique des critères « très sélectifs », ce qui contredirait sa revendication d'impartialité.
Ce sujet résume la position inconfortable de l'Arcom : rassurer une chaîne qu'elle sanctionne à répétition sans donner l'impression de céder, tout en devant démontrer que sa sévérité n'est pas à sens unique — un exercice d'équilibriste que la presse spécialisée continue de scruter de près.
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RT interdite jusque sur les sites gratuits : la Cour de justice de l'UE étend la lutte contre la désinformation russe
Date clé : 2 juillet 2026
Sujet plus européen que les précédents, mais toujours au cœur de la régulation des médias : la Cour de justice de l'Union européenne a rendu, le 2 juillet 2026, un arrêt qui étend l'interdiction de diffusion de la chaîne russe RT (Russia Today) aux sites internet gratuits, alors que les sanctions initiales — en vigueur depuis mars 2022, au début de la guerre en Ukraine — visaient surtout les rediffusions payantes ou les réseaux de distribution classiques.
L'arrêt précise la notion d'« opérateur » responsable d'une violation : est désormais concerné « toute personne », physique ou morale, « responsable, directement ou indirectement, de la mise à disposition des contenus interdits » — une définition qui s'applique donc aussi aux activités non rémunérées et aux sites financés par des dons, et non plus seulement aux diffuseurs commerciaux. La Cour justifie cette extension par la nécessité d'empêcher « la diffusion de la propagande mise en place par la Russie » et de protéger « l'ordre et la sécurité publics de l'UE ».
L'affaire à l'origine du renvoi préjudiciel est allemande : trois personnes y sont poursuivies pour avoir publié des vidéos de RT Deutsch sur un site nommé « Traugott-Ickeroth », et encourent jusqu'à cinq ans de prison au regard du droit allemand.
Si la lutte contre la désinformation d'État fait consensus dans son principe, l'article souligne un point de vigilance repris par plusieurs commentateurs du droit numérique : le flou entourant la définition exacte de ce qui constitue une violation, et ses implications potentielles pour la liberté d'expression de simples relayeurs de contenu, même non professionnels. Ce débat, encore émergent, pourrait devenir un point de comparaison utile face aux discussions françaises sur le pluralisme et la régulation de contenu.
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Audiences de juin : CNews reste leader devant BFMTV, malgré une saison marquée par les turbulences
Date clé : 7 juillet 2026 (chiffres de juin 2026 et bilan de la saison 2025-2026)
Pendant que l'Arcom multipliait les mises en demeure contre elle, CNews a conservé son statut de première chaîne d'info et de la TNT sur l'ensemble de la saison 2025-2026, avec 3,2 % de part d'audience contre 2,9 % pour BFMTV. En juin, toutefois, le rapport de force s'est resserré : BFMTV (2,9 %, +0,2 point) devance légèrement CNews (2,8 %, +0,2 point) sur ce seul mois, loin devant LCI (2,4 %) et France Info (1 %) — les quatre chaînes cumulant 9,1 % d'audience, en hausse de 0,4 point sur mai.
Fabien Namias, à la tête de BFMTV, attribue ce leadership mensuel, tenu pour « le quatrième mois consécutif », au « retour des valeurs fondamentales de BFMTV : le terrain, le reportage, la proximité » — une formule qui, en creux, positionne implicitement sa chaîne comme plus factuelle que ses concurrentes. Côté CNews, le ton est nettement plus défensif. Serge Nadjar reconnaît que « cette saison était peut-être la moins facile de l'histoire de CNews », évoquant des « turbulences qui ont affecté la chaîne ».
Ces turbulences ont un nom et des dates précises : le départ de Sonia Mabrouk et Jean-Marc Morandini en février 2026, la condamnation définitive de ce dernier pour corruption de mineurs, une baisse d'audience au printemps, et bien sûr l'accumulation des mises en demeure de l'Arcom détaillées dans ce bulletin. Sur un an, CNews perd 0,8 point d'audience quand BFMTV reste stable — un signal que la pression réglementaire et les turbulences internes commencent, peut-être, à se traduire dans les chiffres, sans toutefois faire perdre à la chaîne son avance annuelle.
Ce sujet complète utilement les dossiers réglementaires précédents : il montre que les sanctions de l'Arcom, aussi répétées soient-elles, ne se sont pas encore traduites par un effondrement d'audience pour CNews — la chaîne reste, sur l'année, le média d'info le plus regardé de la TNT.
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Célébrations post-victoire du PSG : Acrimed accuse CNews d'avoir monté « une usine à haine »
Date clé : 1er juillet 2026
Dernier sujet de cette sélection, et le seul qui ne porte pas sur une décision de l'Arcom mais sur une critique de contenu éditorial : l'observatoire des médias Acrimed a publié, le 1er juillet, une analyse au vitriol du traitement par CNews des célébrations et débordements survenus après une victoire du PSG, qualifiant la couverture de la chaîne d'« usine à haine » produisant un « prêt-à-penser sécuritaire, autoritaire et raciste » de façon « industrielle ».
Acrimed reproche à CNews d'avoir construit sa couverture presque exclusivement autour de la mise en scène de la violence, avec des animateurs revendiquant une ligne éditoriale volontairement anxiogène : « Nous allons séquencer [et] vous montrer des images qui ne seront peut-être pas diffusées ailleurs », « nous sommes […] pratiquement les seuls à montrer le vrai, à montrer le cru ». L'observatoire relève aussi un vocabulaire jugé stigmatisant à l'antenne, comme la distinction entre « l'honnête [qui] se barricade » et « le voyou [qui] exulte », ou des mentions de « Français francophobes » et de « gens qui n'aiment pas la France ».
Sur le fond, Acrimed conteste également le narratif sécuritaire lui-même : l'article cite un chiffre — une « baisse grosso modo de 30 % des faits [de violence] par rapport à l'année dernière » — pour souligner un décalage entre l'intensité du traitement médiatique et la réalité statistique des débordements. L'observatoire pointe enfin un choix éditorial structurel : quasi-monopole de la parole donnée aux syndicalistes policiers, sans contradicteurs, et absence quasi totale de traitement des violences policières qui ont pu survenir au cours de ces mêmes soirées.
Ce dossier, à mi-chemin entre critique de fond et régulation, complète bien le tableau : il illustre le type même de traitement éditorial que les mises en demeure « pluralisme » de l'Arcom (sujet 1) visent, en principe, à corriger — sans qu'aucune procédure de l'Arcom ne semble, à ce stade, avoir été ouverte spécifiquement sur cette séquence.
Document préparé comme base de travail pour la rédaction du prochain Bulletin OCA. Toutes les citations ci-dessus ont été vérifiées dans les articles sources listés ; se référer aux liens pour citer directement les médias d'origine.